Nadine - [lien par ex. 14 egyptien etc...]

Nadine a gagné un voyage gratuit en découpant les bons sur les paquets de spaghetti Viaggi. Elle est bien contente d´être arrivée au bout de ses peines car depuis 15 ans qu´elle en bouffe elle commence à en avoir marre des spaghetti - les sauces c´est pas infinies... Elle profite à fond de son séjour même si seulement le voyage est gratuit. Elle est en demie pension à l´hôtel Plapla sur l´île Birkimi dans le Pacifique. La plage se trouve à 8 kilomètres mais pour économiser elle préfère s´y rendre à pieds plutôt que de prendre le bus Miguel le conducteur conduit comme un dingue il finira par s´écraser le nez au bas d´une falaise et en plus c´est bon pour la ligne. La plage est une carte postale en trois dimensions, palmiers se balançant aux courants d´air paradisiaques, sable plus blanc que la neige éternelle des Alpes - tout y est! Il y a même une tortue marine elle est en plâtre mais cesla ne gêne pas Nadine au moins personne ne viendra l´écorcher vive, pense-t-elle. Elle n´ignore pas que les Chinois en raffolent et c´est vraiment trop dommage. Ecorcher n´est pas le mot juste, ce serait plutôt désencarapacer vive. Mais dans ces cas là, seule la cruauté compte, pas la linguistique. Nadine fait seins nus et rêve qu´un indigène (Miguel?) vienne la draguer et ils se paient du bon temps il lui montre des trucs vicelards de son pays mais en vrai elle espère bien qu´il ne se pointera pas. Elle sait parfaitement bien que ce genre d´aventures sentimentales exotiques c´est de l´amour acheté et elle ne peut pas se permettre de dépasser son budget.

Nadine a de nouveau gagné un voyage gratuit en collectionnant les bons sur les paquets de riz Viaggi. Dégoûtée des spaghetti elle a choisi le riz comme ça j´irai en Asie, pense-t-elle. Elle profite à fond de son séjour même si au lieu de l´Asie elle se retrouve en Afrique de l´ouest. Elle est en demie pension au village des Npola à l´hôtel Nboula Nboula et avec les jumelles que lui loue volontiers Abdoula Nboula elle peut voir l´océan Atlantique. Il est à dix kilomètres et, pour économiser, elle préfère s´y rendre à pieds plutôt que de prendre le Tro-tro de toute façon ils sont toujours bourrés de femmes transportant du poisson qui empeste Bouba le conducteur conduit dangereusement et en plus c´est bon pour la ligne. La plage est une carte postale en trois dimensions, cocotiers se balançant aux alizés, sable blanc comme les neiges éternelles des Pyrénées et en plus la mer est bleue et il y a une statuette qui danse devant elle. Elle est un peu bizarre avec ses clous plantés partout mais ce n´est pas grave puisque Nadine n´est pas sûre qu´elle existe la statuette. En fait, elle - Nadine - a un bon coup dans le pif parce qu´à l´apéro Abdoula Nboula l´a invitée à payer quelques tournées de vin de palme ce qui est plutôt gentil de sa part. Nadine fait du seins nus parce qu´en Europe, même l´été, elle n´ose pas les montrer au soleil ou plutôt, aux autres plagistes puisque le soleil n´a pas d´yeux. Elle rêve qu´un indigène (Bouba?) vienne lui compter fleurette et ils en font des cabrioles sur la plage nus en cachette et tout. Tout de même, elle prie pour qu´il ne vienne pas, ce prince des tropiques. Elle n´ignore pas que ce genre d´aventures exotiques c´est de l´amour acheté et elle ne peut pas se permettre de dépasser son budget peut-être devrait-elle changer de marque ne plus collectionner les bons des pâtes ou riz Viaggi mais se nourrir de biscottes Travel il parait qu´en plus du vol le séjour aussi est gratuit avecque 650 bons on peut même découvrir le Pôle Sud à pieds!

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Naïveté - "Dans les bas-fonds des jours, parmi les décombres des heures, s’élève parfois un écho de naïveté rock’n roll, qui étouffe toute nostalgie dans l’oeuf.

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Naturalisme

Armé d’un calquoir et de bonne volonté, le naturalisme tenta d’attirer la réalité dans son camp ; la réaction fût simple, violente et sans remède : la réalité accentua son délire.

Maître du naturalisme moderne il n’éprouvait aucune difficulté à situer le sujet de ses oeuvres : sa tête entre l’enclumeau et la masse ; l’enclumeau entre sa tête et la masse ; la masse entre sa tête et l’enclumeau – bref, il se mettait dans la gueule du lion sans craindre les conséquences puisqu’il n’y en avait aucune..

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Nature

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Rendre hommage à la nature, tenter de renouer avec elle, c’est établir une relation de victime à bourreau.

Il est de notre nature, et cela restera ainsi tant qu’une mutation sérieuse ne se sera pas occupée de notre cas, de notre nature disais-je, de voir dans nos gestes les plus insignifiants l’équivalence d’une éruption qu’une goutte échappée de quelque chantepleure éteint sans mal, sans nous opportuner outre mesure, puisque nous succombons déjà au charme de la suivante.

D’un côté les cités se dépensent pour combattre les manifestations non formatées de la nature ; de l’autre, les citoyens dépensent leurs économies pour aller patauger dans la jungle...

Si la nature ne rechigne jamais aux expériences les plus farfelues, en permettant l’homme elle joue avec le feu.

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Naufrage

Si un cours d’eau coule il sombre, dans son propre lit.

Dans le fabuleux naufrage que sont les jours, le plus petit signe d’endosmose entre des êtres ne peut provoquer que le respect, même s’il élargit généralement l’avarie.Homo sapiens est une bosse au front de la nature, souvenir d’une collision avec l’évolution.

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Navet - Une volonté microtome, il n’en faut pas plus pour saisir jusque dans ses moindres détails le navet dont nous sommes les acteurs bien trop consentants.

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Nécessité - De la nécessité d’user parfois de célérité pour prendre son temps. Il est parfois nécessaire d’user de célérité pour prendre son temps. Il faut agir parfois avec célérité pour être à même de prendre son temps. Prendre son temps nécessite parfois que l’on agisse avec célérité, le perdre aussi.

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Need - video!!!!!

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Nein / no / non


Heute nicht / not today / pas aujourd'hui

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Nichts - Vu / lu : Nichts haben wir weder gesagt noch getan, dennoch hat man uns gesehen und gehört.

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Nihiliste - En le niant à tour de bras, le nihiliste donne beaucoup trop d’importance à l’objet de sa négation.

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Nirgendwo - Was uns zu nichts fährt bringt uns wenigstens nirgendwo / ce qui ne nous mène à rien, nous conduit au moins nulle part.

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Nom

X. me raconta qu’il existait une rue à mon nom. D’abord fort étonné, je fus ensuite gêné pour finalement me réjouir avec décence. Seul un mort est à même de postuler à cet état, encore le fait-il sans rien demander. Mais, après tout, ne m’étais-je pas présenté comme mon propre héritier à ce vendeur aux puces, qui s’occupa de débarasser mon logis de ce qui l’encombrait encore? Cela vaut bien une rue. Et cette plaque n’est-elle pas la garantie de mon anonymat? En entendant mon nom on me prendrait peut-être pour l’autre? J’ignore tout de la personne honnorée, de même que je serais bien incapable de situer le patelin où se trouve cette rue, ma rue.

J’appartiens peut-être à cette catégorie de ”n’importe qui” auquel le poète concédait le droit d’écrire un journal, à condition d’être drôle. Je pense l’être. A l’école, nombre d’élèves s’amusaient, par exemple, de mon nom, dont ils ignoraient (ainsi que moi-même à l’époque) vraissemblablement l’éthymologie. Prononcé par un maître, une maîtresse ou moi-même, ce nom les amenait à pouffer d’un rire niais que provoquait similairement les mots ”nichons”, ”bite”, ”putain”. Ils riaient, donc j’étais drôle. Ils découvrirent très vite des associations, des variations. A un ”Crépon la galette” succéda ”je vais te crépon le chignon”, ou encore : ”Crépon le crépu”, ”Sacré pon de nom!” ou ”tout ça c’est crapaud Crépon”, ”tiens voilà Crépon la crépinette”, et ainsi de suite. Je n’éprouvais pour cela aucune animosité à leur égard. Au contraire, cette relation amuseur-amusés avait un avantage certain pour moi : le temps employé à découvrir de nouvelles combinaisons les empêchait de s’occuper de moi. Les hommes, dès l’enfance, s’habituent à raffoler de plaisirs simples, de manière à obtenir un contentement rapide. Tant qu’ils rient, même bêtement, ils sont supportables. Lorsqu’ils n’ont plus de quoi rire à se mettre dans la gueule, ils deviennent horribles.

J’ai souvent pensé que le nom que l’on porte correspond à un état antérieur impliquant que l’on s’appelle plutôt comme ceci que comme cela. J’avais dû être, croyais-je alors, être en deuil très tôt. Pour une mort dont je ne soupçonnais pas qu’elle eut pu être quoi que ce fut de vivant auparavant.

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Non-sens - Innocence de l´innocence, tout est non-sens.

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Normalité


Plus on est de fous, moins la normalité gêne.

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Noyade - Celui-ci se noie et crie : ramenez moi à la rive! Histoire de savoir à quelle distance du rivage il est nécessaire de se noyer pour ne plus être secouru et lors, se noyer tranquillement.

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Nudité - Passé une certaine heure l’homme atteint une nudité métaphysique telle, que plus rien ne saurait le revêtir, et le mouvement quasi gyroscopique de ses yeux étonnés annonce l’imminence de sa chute.

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Nutrition - L'emploi d' expressions crues résulte de cette impossibilité de manger de la viande non cuite – une compensation d'édenté.

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[Extraits du journal de Marcel Crépon]

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