C’était alors autre chose, l’espace, les lieux, les mots, les noms. Ce fut contre l’avis de Lucien, mais poussé par un fantôme, que René pénétra dans ce “centre culturel”. L’avis impliquait un discours confus sur une authenticité forcément absente de ce lieu officiel et des objets fabriqués en série d’un habile coup de machette ou canif, qui s’y vendaient. Le fantôme rappelait par quels moyens le désir de connaissance pouvait rapidement se muer en fringale de possession prête à tout pour obtenir ces objets dont la magie inhérente devait autant remplir les esprits que les musées. A Lucien, il rétorquait que si ces sculptures s’avéraient sans “âme” propre à exiter l’ethonologue ou le collectionner, il ne tenait qu’à lui de leur en fournir une, propice à les “charger” d’une intensité dont lui seul connaîtrait le secret. Il en conserva une, avec laquelle il dialogua longtemps, offrit l’autre, pour apprendre plus tard qu’elle fut déposée au pied d‘une souche sur le Blockberg, celui-là même où Faust assista au sabat des sorcières.

tiroir 8 - armoire