La nature. Les goûts. Le tennis plutôt que l’art. L’œuf dur plutôt que mollet. La montagne plutôt que la mer, celle-ci plutôt que la campagne. Les préférences sexuelles, les couleurs. La musique de chambre plutôt que symphonique. Une collection de pierres plutôt que de timbres. Telle manie. Et ça. Posé sur le bureau de Lucien depuis des années. A le regarder Mireille se retrouvait, pensait-elle, dans la situation identique à celle de l‘Australopithécus robustus confronté un beau jour à la hache d’Homo sapiens, découverte parmi les cadavres de ses congénères. Déconcerté par le carnage, intellectuellement débordé par cet objet mystérieux dont il ne pouvait supposer le maniement, il le conservait jusqu’à la fin du film, où le menait une odyssée, à travers la savane, le désert, etc... Ebaubi par la faune, la flore et divers phénomènes météorologiques d’un paradis déjà perdu, dont la perte se manifestait par les traces de l’Autre, éclairé lors d’un voyage hallucino-éducatif à la suite duquel il saisissait la finalité de la hache, il atteignait joyeusement la mer, avant que de s’y trouver en fait acculé, y mourait en comprenant soudain les changements de son environnement, qui scellaient l’extinction de son espèce, l’expulsaient de l’évolution.

tiroir 7 - armoire