Pour défendre la conservation d'un objet auquel ils ne prêtaient en soi aucune attention, Mireille savait se faire aussi résonneuse et convainquante qu'un professeur de logique, même si la sienne risquait peu de faire école. Ainsi, selon elle, cette médaille trouvée sur le parvis de Notre Dame y avait été déposée par le propriétaire, dont le voeu avait été exhaussé. Dans le cas contraire, il va de soi qu'il l'aurait conservée dans l'attente du résultat espéré. Lucien pouvait avancer que l'abandon de la médaille pouvait tout aussi bien démontrer que le voeu avait fait chou blanc, et que seul le dépit pouvait expliquer sa présence sur le parvis. Mireille répliquait, souveraine :
- impossible. La réalisation d'un voeu n'est pas soumis à une date limite, ce serait trop facile. Il est donc nécessaire de conserver l'intercesseur aussi longtemps que le voeu formulé n'a pas connu d'issue positive.
- Soit, mais pourquoi se débarasser de l'intercesseur qui rempli si bien sa fonction?
- Pour un voeu exhaucé il en y cinquante qui attendent de l'être. Cela demande un renouvellement du personnel. La place-forte tombait.
Et l'objet rejoignait ses semblables, tout aussi inutiles.

tiroir 5 - armoire