Habit - Attifé comme un plaisantin, certes, mais au regard choke-bored au point de désaxer la moindre pensée dans l’oeuf. Preuve que l’habit fait le moine et de plus lui fournit des armes.

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Haine - Nous avançons le plus souvent dans la vie enveloppés d’une bruine de haine aussi franche qu’un rab de nourriture déjà avariée nous promettant une satiété perpétuelle.

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Sometimes, you can be happy that your brain doesn´t brush your teeth.

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Harcèlement - Accès de clairvoyance où, telle une végétation prise d’un accès florifère, la multiplication des sectateurs dégénère et devient harcèlement, nous amenant à rêver d’une palingénésie dans quelque Danakil.

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Hasard

Il arrive un jour ou l’autre un moment où l’on est trop enfoncé dans la vie pour croire que ce qui nous arrive est dû au hasard ; on change alors de monture, pour trottiner sous l’égide de la fatalité..

Le hasard me met en présence des mots Jacobée et fellagah, une herbe et un combattant ; j’ai beau raisonner, rocquer dans un sens, dans l’autre, aucun des deux ne quitte ses retranchements, les propriétés thérapeutiques du premier n’intéressent pas le second, dont le savoir-faire est parfaitement inutile à la croissance du premier.

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Head

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Hypoatase - Qui se prend pour plus qu’il n’est fait une crise d’hypostase.

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Why hurry? The day will end anyway

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Holzweg

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Histoire

Certaines évidences ne lassent pas d’être répétées, ainsi celle concernant l’histoire qui, vue d’une certaine distance, apparaît telle une imposante bâtisse dont les murs réguliers s’ornent de fresques hautes en couleurs et d’une narration suffisament simple pour être apprécier du plus grand nombre ; vue de près, l’opus incertain s’étale et rappelle certains shows grand public au cour desquels, pour le bonheur d’iceluy, des participants surexités se courent les uns après les autres, couinent comme des rats, se mordillent les chevilles, se tirent les cheveux, s’insultent, ramènent les nobles blessures du champ de bataille au niveau de vulgaires infections.

Nous appelons évènements historiques ces moments où en plein délire avertin l’homme s’imagine perdre la prééminence qu’il rêve d’être sienne, se sent aussi difforme qu’un zéro écrasé par le poids des autres chiffres et s’acharne à faire le vide autour de soi pour combler le sien.

Puisqu’ils travaillent à un but identique, qui est de produire de l’histoire, ce compte-rendu de la débâcle humaine, les partis ennemis sont des alliés qui s’ignorent.

Walter Benjamin cite Joseph de Maistre qui “répondait aux prétentions et aux insolences de la métaphysique avec de l’histoire.” Que répondre, et avec quels moyens, aux insolences prétentieuses de celle-ci?

Incapables de nous en libérer nous nous vengeons du temps en y versant l’ordure de nos actions ; l’histoire n’étant que la bassine où nous les exposons à la fermentation, à la décomposition.

Il est tellement gorgé d’Histoire, qu’il dégouline.

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Heures

Heures mâles, où le troupeau des ardents se met en marche, beugle et mugit de satisfaction.

Recevoir sa râclée d’heures quotidienne, et consulter sa pendule pour s'assurer de n'en avoir raté aucune.

Ces jours où chaque heure est une accusation, chaque minute un châtiment et chaque seconde une une exécution.

Il existe aussi sans doute pour nos habitudes une sorte de primo-infection dont nous ignorons volontiers aussi bien les premiers symptômes visibles que leurs évolutions pour mieux en apprécier les dégâts : le ressassage des heures.

Des heures fébrifuges, qui passent, et repassent, repassent et passent, repassent et ne passent pas.

Les heures passent, variations sur un thème unique rappelant le mouvement des „pattes“ d’un myriapode au pied d’un obstacle infranchissable.

Si l’expression n’était bancale et d’une poésie assez pauvre, il serait possible d’écrire : Ce jour là, l’holorge grognait l’heure sporadiquement.

Suivre la rapidité avec laquelle parfois, semblable à l’eau dans un navire, les heures montent, ne manque pas de provoquer sinon la panique du moins une alerte sérieuse ; certains croient voir dans l’utilisation d’une pompe le moyen d’y pallier, d’autres apprennent à nager.

Ces jours où les heures présentent une nodosité aussi complexe et par là aussi incompréhensible qu’un texte sanscrit, boule compacte que l’instinct voudrait crever pour rompre la pression qu’elle exerce mais que la bienséance nous laisse malaxer dans un silence rageur.

Que nous y participions ou non, la tentative de candisation des heures libres, dont le tourbillon nous accable, n’arrange rien à la situation, à son évident manque de sel.

Ouvrir les heures pour déguster les minutes à la sauce seconde.

Une hécatombe d’heures.

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Héros

J. HÉROS contra Pr. KRACH
Jacko Héros est prisonnier du Pr. Krach dans son bunker secret qu´il a construit avec l´argent détourné des contribuables de son pays et en plus le professeur sadique a kignappé (sic!) Sonykita la fiancée japonaise de Jacko Héros et l´a vachement digitalisée pour plus de sûreté Jacko Héros est fort contrarié parce qu´il aime profondément Sonykita et que cela le gêne de la sacrifier pour sauver la terre parce que le Pr. Krach menace de faire exploser une bombe atomique spéciale qui fonctionne à répétion et que cela va provoquer une sacrée apocalypse jusque dans les tréfonds de l´univers il n´est pas habitué d´être prisonnier d´un méchant puisqu´il est invinsible il leur tombe à l´improviste sur le
paletot et les paralyse de prises de judo compliquées avant de leur démentibuler toutes les machoires en faisant des clins d´oeil érotico-stratégiques à leurs maîtresses qui sont comme statufiées dans des phantasmes alors elles ne lui font pas des coups vachards dans le dos ou l´empoisonne avecque des philtres ou de la magie comme Circé le problème est que le Pr. Krach a tout prévu et au lieu d´avoir une maîtresse il a fabriqué un robot insensible avec l´argent des contribuables d´un pays voisin et si cela se trouve le robot insensible va se saisir de Jacko Héros dans ses mains en tenailles d´acier trempé et lui broyer tout le squelette comme si c´était des os de poulet Magadur si le Pr. Krach ne reçoit pas 120 milliards 354 millions et 151000, 45 dollars cash il fera exploser sa bombe atomique spéciale heureusement que j´ai un appareil miniature dissimulé sur l´épaulette de mon uniforme se dit Jacko Héros, comme cela, lorsque la bombe explosera je prendrai une photo et j´aurai une preuve pour faire chanter ce salaud de Krach.

Kill the heroes before they dye.

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Héritage - Bien sûr viendra le temps où notre époque semblera à nos successeurs une sorte de crétacé, et il est fort à parier qu’à l’instar d’autres générations ils ne se rendront pas compte de la méprise les laissant croire que le caractère friable de leurs prédecesseurs n’était pas une qualité géologique mais une manière d’être dont ils prolongeront l’héritage avant de s’effriter eux-mêmes sur le grand tableau noir du temps.

[Extraits du journal de Marcel Crépon]

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